Mercredi 30 novembre 3 30 /11 /Nov 22:56

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Pour être franc, je n'avais jamais vu La légende de Zorro jusqu'à présent. Les mauvaises critiques m'avaient convaincu de rester sur la bonne impression du premier film, sans toucher a cette suite, visiblement de mauvaise qualité. Ce premier visionnage a cependant éclairci les choses, et si ce second opus est loin d'être un chef d'oeuvre, il reste un bon divertissement, commercial et sans aucune légitimité, mais globalement correct.

La scène d'intro, semblable a celle du premier film, place d'entrée le film dans la catégorie foisonnante des suites sans originalité de films a succès. On retrouve donc le palais du gouverneur, le peuple rassemblé, cette fois-ci pour voter l'entrée de la Californie parmi les Etats-Unis d'Amérique. La première intervention du méchant est bien sur suivie par la première apparition de Zorro, toujours spectaculaire, histoire d'impressionner dès le début. On ne change pas une recette qui marche.

La première scène du Masque était vraiment impressionnante et spectaculaire, dès le début. Ici, il s'agit d'un copier-coller, sans originalité donc. On reconnaît quand même le talent de Martin Campbell pour les scènes d'action, ainsi que la qualité des chorégraphies.

 

On voit vraiment que le budget est plus important pour ce second opus, qui sacrifie totalement l'identité de son héros, au profit de scènes d'action spectaculaires.

Et comme dans le premier épisode, Zorro pense a la retraire! Mais comme le film dure 2h 10 environ, le héros ne va surement pas partir dès le début, on s'attend donc a ce que les choses se compliquent...

Et c'est là qu'on touche a ce qui, a mon avis, est le gros défaut de cette Légende de Zorro: sa famille! Papa, Maman et Fiston Zorro m'ont assez énervé pendant tout le film. Alors que le premier film insistait sur la raison d'être des héros, ce film en fait des humains avant tout, faisant perdre à Zorro son statut d'icône. Un beau gâchis; Johnston McCulley, créateur du justicier masqué, doit se retourner dans sa tombe!

Car il faut bien l'avouer, voir Zorro courir après sa femme et tenter d'éduquer son mioche délinquant, ce n'est pas franchement réjouissant, c'est même assez gênant, et pour le spectateur qui s'ennuie, et pour le mythe de Zorro, qui en prend un sacré coup!

 

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Evidemment, le fils de Zorro est lui-même une graine de héros, n'hésitant pas a corriger son maitre d'école trop sévère, et se battant tout seul contre les méchants. Un sale gosse a la limite de la comédie...

Enfin bref, l'intrigue sentimentale prend bien trop de place. Si les relations de Zorro avec ses proches avaient été plus crédibles. Mais là, c'est surtout bien lourd.

Ces scènes a moitié comique et, du coup, a moitié drôles, ont-elles été rajoutées pour meubler une intrigue un peu trop simple, pour rendre Zorro plus « humain », pour plaire aux midinettes? Je ne sais pas, mais dans tout les cas, ça ne marche pas (enfin, sauf peut être avec les midinettes).

Mais il ne faut pas être trop méchant avec ce film qui fonctionne malgré ses gros défauts. La disparition d'Anthony Hopkins a la fin du premier volet est regrettable, car le reste du casting est vraiment un ton en dessous. Rufus Sewell incarne cependant un méchant gentiment sadique plutôt pas mal: Armand, gentilhomme français, et qui a donc un vignoble, comme tout les français...

Le point fort de la Légende de Zorro reste ses scènes d'action, toujours bien faites et bien filmées. Encore plus que dans le premier épisode, Martin Campbell apporte au film de cape et d'épée un style très western assez bienvenu, preuve que le mariage des genres est possible...

Le combat contre MacGivens est a ce titre assez cocasse, Zorro représentant le héros type du film de cape et d'épée; tandisque MacGivens, édenté, suant et fanatisé, est un personnage tout droit sorti d'un western spaghetti.

Le scénario passe évidemment par tous les tourments déjà vus des héros de cinéma... Ma famille ou le méchant qui veut détruire le monde/ la ville/ les Etats-Unis d'Amérique? Un choix difficile... et déjà vu tellement de fois!

 

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Enfin, a cause de tout cela, l'intrigue semble ne pas progresser d'un poil, et au bout de 50 minutes, mis a par quelques beaux duels, on est comme au début du film... De plus, a part se faire larguer par sa femme, Zorro ne fait pas grand chose. Il a bien corrigé le méchanr MacGivens, mais on attend toujours qu'il se frotte au vil Armand. En fin de compte, c'est Elena qui agit le plus durant toute la première moitié du film.

Et quand c'est le fils De La Vega, un gamin d'une dizaine d'années jamais sorti de chez lui, qui se bat contre toute une bande de coyotes armés jusqu'aux dents, on sombre vraiment dans le ridicule... Et, comme le peuple de Californie, on attend que Zorro vienne nous délivrer!

En fin de compte, l'intrigue, pleine de digressions et de péripéties peu utiles, est finalement assez mince, et très classique. Armand, sous couvert d'un vignoble, prépare en secret un complot avec un groupuscule, les Chevaliers d'Aragon, afin d'empêcher l'entrée de la Californie dans les États-Unis d'Amérique. La classique version du complot...

Enfin, techniquement le film reste très bien fait, et a ce titre le budget important se voit a l'écran. Cascades, décors grandioses, figurants a la pelle, sur ce point le film est inattaquable...

Mais bon, les aventures de la famille Zorro font parfois oublier les bons côtés de ce qui aurait pu être une bonne suite vraiment convaincante!

Rufus Sewell cabotine comme un vrai méchant de cinéma, et ça c'est franchement bien! Mais j'ai une petite préférence pour MacGivens, surement pour son côté sadique fanatique et parce que son look très western tranche avec la cape noire et la rapière du justicier masqué. Quant à Elena agent double... On n'y croit pas vraiment!

 

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J'ai même eu le plaisir de revoir une scène que je croyais depuis longtemps disparue, mais que les scénaristes n'ont pas hésité a rebalancer... Comment faire ressusciter facilement un personnage secondaire mort en cours de film? Rien de plus simple! Il suffit de dire que la balle qui l'a tué a en fait rebondi sur la croix qu'il portait autour du cou! Du coup, Dieu l'a sauvé, c'est miraculeux, etc...

Mais après ce moment de nostalgie mêlée de consternation, on nous balance enfin la scène du film, le duel final entre Zorrro et Armand, dans un train en marche... De quoi nous offrir un duel absolument magnifique, vraiment bien filmé par Martin Campbell, qui est décidément un artisan extrêmement efficace. Si le film a des ratés nombreux, la scène la plus important est, elle, vraiment réussie, ce qui est un bon point!

 

Ce second opus reprend la même recette que Le masque, avec moins d'efficacité cependant. Les scénaristes n'avaient pas beaucoup d'imagination, et le scénario est rempli de concepts éculés qui ne fonctionnent vraiment plus, ainsi que de sous-intrigues avec la famille Zorro, assez inutiles. Cependant, la réalisation de Martin Campbell et l'aspect technique très soigné rattrapent le tout et font de La légende de Zorro un film divertissant. Les fans du premier film seront sans doute frustrés, mais pour passer un bon moment, c'est suffisant.

 

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Par cape et épée - Publié dans : Les films
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Samedi 15 octobre 6 15 /10 /Oct 23:24

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Il est très difficile pour moi de juger impartialement Les trois mousquetaires... Pourquoi? Pour son réalisateur, considéré comme l'un des plus gros tâcherons d'Hollywood: Paul W.S Anderson!

Ayant déjà massacré deux licences vidéoludiques, Mortal Kombat et Resident Evil, le bonhomme ne s'en est pas tenu là; et pour enfoncer le clou, s'est mis a dos les fans de deux belles franchises a la fois, avec le catastrophique Alien vs Predator! Autant dire que les antécédents du bonhomme ne laissaient pas espérer grand choses...

D'un autre côté, le roman de Dumas a connu tellement de déboires et d'adaptations foireuses, que l'on était définitivement blasé. Les années 2000 avaient été particulièrement meurtrières, avec le navet D'Artagnan, de Peter Hyams, puis Milady, gros ratage télévisuel, avec Arielle Dombasle en Milady et Florent Pagny en D'Artagnan. L'horreur absolue...

 

Et pourtant, cette version se révèle bien moins catastrophique que prévue... Peut on vraiment apprécier un film de Paul W.S Anderson? Ce fût bel et bien mon cas...

 

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En effet, contrairement aux versions précédentes, qui cachaient sous une prétendue fidélité au roman de Dumas un scénario totalement foireux, le film d'Anderson assums son coté totalement fantaisite, se foutant du roman sans mauvaise foi, mais en revanche avec un mauvais goût assumé.

Enfin, je dis ça, mais les grandes lignes du roman sont quand même suivies. L'arrivée de D'Artagnan à Paris, sa rencontre avec les trois mousquetaires, l'affaire des ferrets de la reine, tout cela est bien présent. Non, c'est plutôt au niveau du style que Paul Anderson trahit Dumas. En fait il ne le trahit pas, il s'en fout royalement!

 

Ainsi, dans ce film, vous verrez nos quatre héros découvrir les plans cachés de Léonard de Vinci, affronter Buckingham a bord d'aéronefs géantes, tirer au lance-flammes sur la Tour de Londres, avant de conclure cette aventure par un combat final au sommet de Notre-Dame de Paris. Oui, a ce point là...

Mais ce je-m'en-foutisme assumé, contre tout attente, sert le film. Anderson ose absolument tout, et cela se ressent! Rarement un blockbuster a été aussi déjanté!

Anderson délaisse quelque peu son style très clipesque, se calme un peu, et finalement se révèle pas si mauvais sur ce film. Cela surprend quand on connait la serpillère responsable d'Alien vs Predator ou Mortal Kombat. Et pourtant, avec une mise en scène plus sobre, plus calme, Anderson réussit son pari. Les combats sont bien mis en valeur, et les cadres bien choisis.

 

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La 3D se révèle bien utilisée, bien mise en valeur, sans trop de tapage visuel, en somme avec efficacité. Si l'idée d'une adaptation en 3D du roman de Dumas peut prêter a sourire, je peux vous assurer que j'ai vraiment apprécié la 3D, l'une des meilleurs que j'ai vues jusqu'a présent.

Autres points positifs: les costumes et les décors, impressionants, tout comme les effets spéciaux. La France du XVIIe siècle, fantasmée par le cinéma américain, est vraiment magnifiques. Certains plans de Paris, entre autres, font penser au film de 1948, signé George Sidney (je risque de me faire taper sur les doigts a comparer les deux adaptations...)

 

On se rend compte d'ailleurs que Paul Anderson emprunte subtilement (ou pas) plus qu'il innove... La musiques est honteusement pompée sur celle de Sherlock Holmes, tout comme l'humour, toujours présent. Venise, les machines de Léonard, les gardes et les pièges, évoquent tout de suite Assassin's creed. Sans oublier les bonnes idées des adaptations précédentes, reprises ici sans vergogne.

 

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Alors de deux choses l'une: Les Trois Mousquetaires n'est pas un chef d'oeuvre, loin de là. Paul Anderson ne fait preuve d'aucun talent, il copie honteusement et fait un grand patchwork de nombreux élément repris ici et là. Le scénario se fout totalement du roman original, se laisse aller a des délires discutables, le tout dans une ambiance vidéoludique assez fun, mais totalement décalée.

 

Cependant, Les Trois Mousquetaires est une bien bonne surprise. Un film déjanté, délirant, ou Anderson semble libéré de toute contrainte, se laisse aller a tous les fantasmes, au risque de dérouter le spectateur. Osant les préipéties les plus surprenantes, les mélanges les plus improbables, Anderson agit en artisan, pour qui le spectacle passe avant tout. Un divertissement fait comme tel, et qui doit être vu ainsi, voilà ce qu'est ce film, qui il est sur déchainera les passions, mais que je considère personnellement comme la fin d'une série noire d'énormes navets. Au sein d'une industrie cinématographique de plus en plus sage, les produits de ce genre sont malheureusement de plus en plus rares. Les Trois Mousquetaires est un délire, certes, mais un délire qui a du style, du sens, pour un pur divertissement, dans le bon sens du terme!

 

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Par cape et épée - Publié dans : Les films
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Jeudi 6 octobre 4 06 /10 /Oct 14:52

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Dans la série des acteurs dont-la-gueule-nous-dit-quelque-chose-mais-je-sais-plus-dans-quel-film-je-l'ai-vu-ce-mec, Stuart Wilson est le maitre... Souvent dans des bons films, mais rarement reconnu, cet acteur au talent proche de zéro a souvent été cantonné aux rôles de méchant ricanant, ce qui ne lui a pas permis de marquer considérablement l'histoire du cinéma...

Erreur réparée grâce à In-Ciné, qui vous fait découvrir aujourd'hui l'un des méchants de cinéma les plus cabotins de l'histoire! Alors, on dit merci qui?

 

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Né à en 1946, le jour de Noël, Stuart Wilson grandit à Guildford, en Angleterre. Débutant le métier d'acteur par la petite porte, il commence par des petits seconds rôles dans des productions télévisées britanniques. On le retrouve dans des fiction historiques, telles La légende des Strauss ou Moi, Claude, empereur, la célèbre série britannique, et sa première participation a un vrai projet d'envergure. C'était en 1976... On le retrouve ensuite dans une autre mini-série historique, Anna Karénine, ainsi que dans Le retour du Saint, remake totalement raté de la série avec Roger Moore. Cependant, Stuart Wilson reste toujours cantonné a des rôles très secondaires, et n'est absolument pas un acteur bankable ou une tête connue du petit écran, enchainant téléfilms et séries peu connues entre deux grosses productions, comme Le retour de Sherlock Holmes, énième série anglaise consavcrée au plus grand des détectives.

 

J'ai pu remarquer, au passage, sa participation a deux fictions qu'il me plairait de voir: Le prisonnier de Zenda en 1979, et Ivanhoé en 1982. De quoi alimenter mon blog De cape et d'épée. Si par miracle quelqu'un lit cet article et a vu ces films... Fin de la parenthèse.

 

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Le bonhomme doit attendre 1992 pour trouver un vrai rôle au cinéma. Dans L'arme fatale 3, de Richard Donner. Dans un rôle de méchant, il devient enfin une tête connue du grand public. Ce film dévoile aussi son cruel manque de talent, qui le limitera toute sa carrière aux rôles de méchant, ou son cabotinage outrancier peut être supportable. Après Les Tortues Ninja 3, on le retrouve ainsi dans Le temps de l'innocence de Martin Scorsese, ou il est assez bon...

 

En 1994, on le retrouve dans Absolom 2022, ou il fait preuve d'une absence de talent qui frise l'exploit. Cabotin jusqu'à l'outrance, le bonhomme s'avère cependant correct dans certains films, comme La jeune fille et la mort de Roman Polanski... Il poursuit sur sa lancée avec Rock, de Michael Bay, en 1996...

 

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A la fin des années 90, il tient des rôles de plus en plus importants, notamment dans Ennemi d'Etat,  thriller vraiment efficace signé Tony Scott, et surtout dans Le masque de Zorro ou il incarne le méchant gouverneur de californie. On le retrouve ensuite dans le sympatique Un été sur terre et Vertical Limit, son dernier film potable avant un bon bout de temps... En effet, autant les années 90 lui ont souri avec des films qui l'ont enfin sorti de l'anonymat, autant les années 2000 sonnent comme le début de la fin...

 

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Ainsi, aprés le semi-échec du film de montagne bourrin, Stuart Wilson enchaine sur Le Royaume des voleurs, téléfilm de second zone racontant les aventures de la fille de Robin des Bois (avec dans le rôle titre une Keira Knightley débutante). Un petit divertissement sympatique, mais qui n'a rien a voir avec ses films précédents.

 

Stuart Wilson, gueule réccurente, mais surement pas acteur bankable, finit par retrouver des petits rôles dans des téléfilms et séries télé, a l'image de Dinotopia, sorte de Jurassic Park d'héroïc-fantasy. Puis le bonhomme enchaine les navets. Fascination (a ne pas confondre avec le premier chapitre de la saga Twlight), et Unstoppable (a ne pas confondre avec le film de Tony Scott)... Il semble avoir mis actuellement un frein a sa carrière cinématographique, ses dernières apparitions étant dans Hott Fuzz, et dans une des fausses bande-annonces du dyptique Grindhouse, de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez.

 

Acteur sans talent, Stuart Wilson a marqué, quelque part, le cinéma des années 90, par ses rôles de méchants aussi drôles que débiles, donnant parfois un ton trés particulier aux meilleures superproductions. Et en cela, il mérite sa place ici, tout autant que les plus grandes stars su Septième Art...

 

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Par cape et épée - Publié dans : Les acteurs
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Samedi 10 septembre 6 10 /09 /Sep 12:12

 

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Ah, Le masque de Zorro... Ce blog n'était pas complet sans la critique de ce film qui est pour moi un grand classique du film de cape et d'épée, au même titre que Cyrano de Bergerac ou Les aventures de Robin des Bois. Et pour cause: il s'agit de l'une des plus belles résurrections du Septième art, celle d'un héros que l'on croyait désuet, et qui, grâce au pro Martin Campbell, prend un coup de jeune aussi efficace que bienvenu.

A ce titre, la première scène, brillante, donne tout de suite le ton. Le vil gouverneur Montero, sorte de tyran local, est menacé par la population en colère, exigeant son départ. Voilà un gouverneur qui me rappelle bizarrement Khadafi ou quelque autre dictateur.

Et voici enfin la première apparition de Zorro, dans une scène mémorable. Dès les premières minutes, Martin Campbell parvient a nous plonger dans son film, grâce a cette première scène, rythmée de combats et de cascades brillamment orchestrées. Dès le début, on nous en met plein la vue, pour notre plus grand bonheur...

Au passage, on remarque la magnifique musique de James Horner, qui donne une tonalité épique a l'histoire. Mais je parlerai de cette très belle BO dans un prochain article, je passe donc là-dessus.

Bizarrement, avec un Zorro déjà âgé, un méchant puni dès le début de l'histoire, une intrigue qui semble s'achever, on a l'impression d'assister à un dénouement, et nom au début d'une histoire. Cette attaque du palais, et cette première confrontation entre de La Vega et Montero, apparaît comme la fin d'un mythe, qui représente, en filigrane, le réel coup de vieux pris par le personnage de Zorro. Martin Campbell pose d'emblée son film comme le début d'une nouvelle ère pour le héros masqué. Un propos assez prétentieux, et pourtant, bien lui en prend...

 

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Après ce début plus que convaincant, on s'ennuie quelque peu lors de la scène suivante, ou de La Vega, après avoir rendu la justice une dernière fois, montre qu'il est aussi un mari et un père de famille digne et attentionné. On n'avait pas trop besoin de ça...

Il est tout de même sympathique de constater qu'à 60 ans passés, Anthony Hopkins portait beau, et pouvait encore à l'époque jouer les justiciers sans problème. Une bonne surprise pour cet acteur au talent immense révélé sur le tard...

Mais la roue tourne vite, et le soir même après avoir sauvé des innocents, Zorro perd sa femme, ses bien , et sa fille, enlevée par Montero. C'est alors le véritable début de l'intrigue du film, qui commence alors que notre héros, qui a tout perdu, n'est plus rien d'autre qu'un mythe, littéralement.

 

En parralèle de cette intrigue, nous suivons la déchéance d'un autre personnage, apparemment en totale opposition avec notre héros: le bandit Alejandro Murieta, qui perd son trésor, ses maigres biens, et son frère, tué par le capitaine Lowe, l'homme de main du gouverneur. C'est ainsi que les deux personnages vont sont liés, leur désir de vengeance les mènant tous deux au gouverneur Montero.

Au passage, on peut apprécier l'atmosphère gentiment western de ce passage, preuve que le mythe de Zorro emprunte a tous les genres, et les lie avec brio.

Antonio Banderas, dont la carrière américaine  s'est trop souvent limitée aux rôles de latinos lovers, est ici méconnaissable en bandit hirsute. Enfin, il ne le restera pas longtemps bien sur...

Montero et le capitaine Lowe sont deux méchants bien cruels et sadiques, juste comme il faut pour faire des méchants à l'américaine classiques. Bien que pittoresques, ces deux personnages ne brillent pas par leur originalité.

 

 

 

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Évidemment, Zorro ne va pas moisir en prison, et profite de la visite du gouverneur, toujours a sa recherche, pour s'évader la nuit tombée. Après avoir chroniqué Absolom 2022, Fortresset surtout sa nulissime suite sur mon autre blog, j'ai enfin eu le bonheur de voir une scène d'évasion réussie! Assez incroyable, mais cependant réussie. Comme quoi, tout est possible...

Nous assistons ensuite au retour en Californie de l'ancien gouverneur Montero. C'est alors que, pour la première fois, Zorro retrouve son pire ennemi, qui fait un retour pour le moins remarquable, entouré par une foule aussi caricaturale que peu convaincante.

Et ce qui est sensé se produire arrive enfin: l'ancien et le futur justicier se retrouvent. A la manière des « Fils de Zorro », « nouveau d'Artagnan » et autres romans populaires du XIXéme siècle. Car c'est bien dans cette veine que ce situe le Zorro de Campbell, qui doit beaucoup à l'héritage du roman-feuilleton, dont son personnage est en grande partie issu.

Ainsi, prêt a donner une nouvelle identité au justicier masqué, De La Vega entraine le brigand Murieta, qui s'en retrouve métamorphosé d'une façon que l'on ne peut voir qu'au cinéma. Le passage ou l'on suit l'entrainement du futur Zorro est mémorable et, malgré le fait qu'il s'agit d'une scène vue et revue, pleine d'originalité.

Pour son premier coup d'éclat, Zorro n'y va pas de main morte... Et le réalisateur aussi. Combats et cascades a gogo, et même un gag emprunté à Tex Avery! Un exemple parfait du seul gros défaut du film, dont le scénario sombre parfois trop dans le too much assumé mais gênant... Enfin, cette grosse scène de baston entre Zorro et les soldats du gouverneurs est tout de même excellent, s'achevant par l'explosion de la caserne, ni plus ni moins... Martin Campbell n'est pas un adepte de la finesse.

Certaines scènes du film tournent ainsi du côté de la franche comédie, ou plus souvent dans le burlesque, que l'on retrouve dans les vieux films de cape et d'épée français.

 

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Anthony Hopkins livre une performance honorable, et même s'il est bien plus crédible en mentor qu'en justicier, il réalise la prouesse d'être crédible dans le rôle d'un héros chevauchant et bondissant a 70 balais... Chapeau bas!

En revanche, mué en gentilhomme comme qui rigole, Antonio Banderas jour a fond l'hidalgo charmeur. Il est d'ailleurs bien meilleur en Zorro.

 

Zorro, transformé en gentilhomme infiltré chez Montero, parvient a gagner sa confiance et découvre le plan bien machiavélique du méchant: faire travailler de pauvres innocents dans des mines d'or, puis acheter la Californie grâce à l'or extrait. Cela ne s'est jamais fait, et a présent vous savez pourquoi, c'est parce que Zorro l'a empêché!

On ne peut oublier Catherine Zeta-Jones, et son charme incroyable, d'autant plus que pour une fois le principal personnage féminin n'est pas là pour la figuration...

 

Enfin, après 1h 30 de film, le nouveau Zorro apparaît dans son costume complet.

C'est l'heure d'une grosse confrontation entre les deux méchants, Lowe et Montero, et les deux Zorro, le nouveau et l'ancien, grimé en valet nommé... Bernardo!

Le combat entre Zorro et la belle Elena Montero est de plus le duel l'un des duels les plus sensuels vus au cinéma.

Après ces deux belles scènes, le dénouement approche, et c'est un festival d'action et de rebondissements, avec entre autres une scène de course-poursuite techniquement irréprochable, mais totalement copiée sur le Zorro de Duccio Tessari...

 

 

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Le final, dans les mines, est une avalanche de duels et de péripéties. Avec au passage queques beaux plans volés à Sergio Leone... Cependant, j'ose dire que certains passages sont dignes de Pirates des Caraïbes! Le final, notamment, reste pour moi un passage mythique.

 

Cela faisait des années que je n'avait pas vu ce film, qui non seulement n'a pas pris une ride, mais s'impose avec le temps comme un grand classique du film de cape et d'épée! Pour une fois qu'un héros est bien modernisé, on ne va pas se plaindre! Ce film est vraiment culte, et parvient même a faire oublier la sympathique mais désuète série des années 50. Les images changent, mais pas les modèles. Martin Campbell a, littéralement, créé un nouveau Zorro, de bien belle manière.

 

 
Par cape et épée - Publié dans : Les films
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Samedi 27 août 6 27 /08 /Août 19:27

Réalisateur pas vraiment connu du grand public, Martin Campbell est pourtant l'un des plus habiles réalisateurs d'Hollywood. Loin des yes-man habituels, le bonhomme a en effet une longue et atypique derrière lui, preuve, sinon de son talent, du moins de sa capacité à transcender de simples films d'aventures. Accumulant les bons comme les mauvais films, Martin Campbell reste un maitre du film d'action-aventure à l'ancienne. L'homme à qui l'on doit le retour de Zorro et de James Bond au cinéma méritait bien une petite bio sur ce blog!

 

 

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Né le 24 Octobre 1944 à Hastings, en Nouvelle-Zélande, Martin Campbell, loin de suivre l'habituel chemin des réalisateurs de blockbusters, se distingue d'abord dans... le cinéma érotique. Son premier film, The sex thief, connait même un succès international. Nous sommes en 1973, et la mode des films érotiques bat son plein. Parti pour l'Angleterre, il poursuit dans le genre avec Eskimo Nell, ou il même l'humour anglais au film érotique. Comme beaucoup de films un peu olé-olé de l'époque, les premières réalisations de Martin Campbell ont très mal vieilli, et sont aujourd'hui totalement kitsch...

 

Le succès de ses films est cependant réel, et le bougre change de registre, travaillant pour la télévision dès la fin des années 70. Les professionnels, Minder, Edge of darkness... des séries oubliées aujourd'hui, mais qui font cependant que le bonhomme est remarqué pour son réel talent de mise en scène, au point de pouvoir réaliser son premier film, une chance inespérée pour un réalisateur de série télé.

 

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C'est ainsi qu'en 1989 sort son premier film « grand public », La loi criminelle, polar réunissant Gary Oldman et Kevin Bacon, pas vraiment transcendent mais pas si mal pour un début. Après un dernier téléfilm, Détective Philippe Lovecraft, en 1991, Campbell quitte définitivement le monde de la télé, pour se lancer de plein pied dans la jungle hollywoodienne.

 

Ce n'est qu'en 1994, a l'âge de 50 ans, qu'il devient véritablement une tête connue, avec la sortie d'Absolom 2022, un film de science-fiction qui remporte un succès international. Cependant, le film comporte pas mal de défauts, notamment une direction d'acteurs inexistante. Cependant, l'année suivante, il montre toute l'étendue de son talent avec GoldenEye, nouveau film de la saga James Bond, après six longues années d'absence au cinéma. Un nouveau James Bond (Pierce Brosnan), un nouveau style, et un réalisateur sur la voie du succès... Il n'en suffisait pas plus pour que GoldenEyecartonne au box-office, et soit vite considéré comme l'un des meilleurs James Bond jamais réalisés.

 

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En 1998, Martin Campbell fait à nouveau preuve de son savoir-faire, avec Le masque de Zorro, splendide film de cape et d'épée qui donne un coup de jeune bienvenue au cavalier masqué. Zorro, toujours rattaché à la fameuse série télé des années 50, passait pour un héros tombé en désuétude. Campbell modernise considérablement le personnage, lui redonnant toute sa vigeur en empruntant au western spaghetti comme au film d'aventures à la Indiana Jones. Le résultat final est à la hauteur des attentes, Le masqueétant peut-être (à mes yeux en tout cas), le meilleurs des films Zorro au cinéma.

 

Après ces deux gros succès consécutifs, Martin Campbell, devenu un réalisateur bankable, se lance dans un projet plus personnel: un survival en haute montagne au style assez original. Profitant d'un budget conséquent et d'une belle brochette d'acteur, Vertical limitest pourtant une déception à sa sortie. Impressionnant et jouissif, le film est cependant très bourrin, trop aux yeux du public. Il reste cependant à mes yeux comme une géniale pantalonnade, qui ne se prend pas au sérieux, suffisamment jouissive et second degré pour que me faire rire à chaque visionnage.

 

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Abandonnant donc les films à gros budget, Martin Campbell, qui débute mal ces années 2000, change de registre, et réussit dans un genre ou on ne l'attendait pas vraiment: la romance, en l'occurrence celle d'Angelina Jolie et Clive Owen. Sans frontière, film sur le thème de l'engagement humanitaire, est une belle réussite, prouvant que le spécialiste du film d'aventure et d'espionnage est capable de créer une œuvre plus intimiste et sentimentale. Malheureusement, la réussite ne dure pas toujours, et Martin Campbell, qui a retrouvé la voie du succès, se lance dans un deuxième Zorro, intitulé cette fois La légende de Zorro, et reprenant une bonne partie du casting original. Sorti en 2005, La légende est un échec commercial, et une déception pour les fans du premier film. Lent et manquant cruellement de rythme, cette suite s'avère juste potable, sans jamais retrouver la vitalité du premier film.

 

Revenant au film d'espionnage en 2006, Martin Campbell reprend les commandes de la saga James Bond, qu'il a si bien conduite onze ans plus tôt avec GoldenEye. A nouveau, la saga culte subit de nombreux changements. Une intrigue plus complexe et plus importante, moins de gadgets, un nouveau James Bond... blond aux yeux bleus! Certains fans sont déconcertés, le plus grand nombre applaudit Casino Royale, qui devient le plus gros succès de la saga; un comble! Réussite indéniable, Casino Royaleest très vite considéré comme l'un des meilleurs, sinon le meilleur James Bond.

 

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Mais le succès ne dure qu'un temps... Persistant dans le film d'action, Martin Campbell réalise Hors de contrôle, film qui devait signer le grand retour de Mel Gibson en tant qu'acteur. Malheureusement, le film est mou du genou, l'intrigue est sans queue ni tête, et Mel Gibson semble définitivement au bout du rouleau... Il se rattrapera, et de bien belle manière, avec Le complexe du castor. Mais ça, c'est une autre histoire.

 

Après ce nouvel échec, le néo-zélandais ne se laisse pas abattre, et dirige ce qui a tout l'air d'un pur produit de commande: Green Lantern. Le comics de base était réputé difficile à adapter. Sorti récemment, le film est un nouvel échec pour Martin Campbell, pas tant au niveau de la réalisation, correcte, qu'au niveau de l'esthétique. Costumes dégueulassasses, effets spéciaux ratés, décors fluos qui font mal aux yeux, rarement un blockbuster aura été aussi vilain. Sans parler de Ryan Reynolds, qui n'a décidément aucun talent...

 

Martin Campbell est un réalisateur atypique, qui a mis vingt ans avant de sortir de l'anonymat, puis a connu un succès presque immédiat avec des blockbusters à l'ancienne. Emplis de l'espèce de naïveté des productions des années 80-90, ses films sortent du lot. C'est ce qui rend GoldenEye et Le masque de Zorro aussi inoubliables. Certes, le bonhomme a fait des navets, mais quand il réussit, il a vraiment du style. Et en grand fan des films de cape et d'épée, j'adhère totalement!

 

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Par cape et épée - Publié dans : Les réalisateurs
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