George Sidney

Publié le par cape et épée

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Pour beaucoup, George Sidney représente l'apogée du film de cape et d'épée hollywoodien. Réalisateur emblématique du premier âge d'or d'Hollywood, spécialiste des films musicaux et révélateur de talents, il offrit au genre deux de ses chefs d'oeuvre: Les trois mousquetaires et Scaramouche.

 

Né en 1916 a Long Island City, George Sidney entre dans le monde du cinéma trés jeune, et par la petite porte. Coursier a la Metro Goldwyn-Mayer en 1932, il devient le responsable du département des projections test a l'age de 21 ans seulement. C'est a cet age qu'il réalise ses deux premiers courts-métrages: Pacific Paradise et Sunday night at the Trocadero. Ses réalisations se multiplient: quatre courts-métrages en 1937, huit en 1939... En 1940, il devient l'un des plus jeunes réalisateurs oscarisés, recevant la récompense du meilleur court-métrage pour Quicker in a wick. Il reçoit une deuxiéme fois cette récompense l'année suivante pour Of pupps and puzzles.

 

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Fort d'une solide réputation, George Sidney se lance dans le long-métrage en 1941, avec Free and easy. Mais c'est Parade aux étoiles qui le fait véritablement connaitre du grand public. Le jeune réalisateur donne l'un de ses premiers rôles a un acteur promis a un bel avenir: Gene Kelly. Les chemins des deux hommes se croiseront a nouveau, tous deux étant des spécialistes des films musicaux, genre trés en vogue a la fin des années 40, et surtout au début des années 50, avec des films comme Chantons sous la pluie ou Un Américain a Paris. George Sidney réalise d'ailleurs sa première comédie musicale, Le bal des sirènes, dés 1944. Ce film, dont le scénario d'une ennuyeuse banalité prive de tout intérét aujourd'hui, remporte a l'époque un succés rapide, qui fait de George Sidney l'un des piliers de la nouvelle génération de réalisateurs hollywoodiens. Il est bon d'ajouter aussi que, dés le début de sa carrière, Sidney a adopté le procédé du Technicolor, alors assez récent.

 

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Gene Kelly et la souris Jerry dans Escale a Hollywood

 

Le succés de ses comédies musicales se confirme dans les années qui suivent, avec nottament Escale a Hollywood en 1945, dans lequel se retrouvent deux monstres sacrés du genre: Gene Kelly et Franck Sinatra. L'année suivante, il dirige une autre grande star de l'époque, Fred Astaire, dans Ziegfeld Folies, film a cinq réalisateurs. La méme année, il réalise seul Les demoiselles Harvey, avec entre autres Judy Garland et Cyd Charisse. Il abandonne un temps la comédie musicale pour le drame, avec Eternel tourment.

 

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C'est en 1948 que Sidney en vient au film de cape et d'épée avec Les trois mousquetaires, adaptation ambitieuse du roman de Dumas, considérée par beaucoup comme la meilleure jamais réalisée. Au casting, on retrouve deux stars que George Sidney a déja dirigées: Gene Kelly campe un d'Artagnan virevoltant, tandisque Lana Turner est une Milady a la fois cruelle et envoutante. Ayant bénéficié d'un long apprentissage préalable, Gene Kelly n'a jamais été doublé durant le tournage, tenant a effectuer toutes les cascades lui-méme. En ajoutant a cela le sens du rythme du réalisateur, et l'on obtient au final un film exceptionnel, le plus grand succés de Georges Sidney, tant critique que public, mais une seule nomination aux Oscars...

 

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Aujourd'hui encore, cette adaptation a de nombreux défenseurs, et méme si le film a pris, avec le temps, un coté kitsch qui peut cependant paraitre plaisant, le talent des acteurs et la réalisation trés rythmée en font toujours un modéle du genre, et un film culte.

 

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Aprés ce succés, la carriére de George Sidney va pourtant connaitre un certain ralentissement, ses films suivants, Le Danube rouge et La clé sous la porte ne connaissant pas le succés escompté. En 1950, il retrouve le genre qui a fait son succés, la comédie musicale, avec Annie, reine du cirque. Le film remporte un relatif succés aux Etats-Unis. En 1951, Show Boat, avec Ava Gardner, est un nouveau succés public. Excellant toujours dans le genre de la comédie musicale, ses deux films deviennent rapidement cultes aux Etats-Unis.

 

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Mais l'appel du film de cape et d'épée se fait a nouveau sentir pour le réalisateur, qui adapte cette fois une oeuvre moderne, le fameux Scaramouche de Rafael Sabatini. La encore, le succés est au rendez-vous, a tel point que le film a de nos jours totalement éclipsé le livre dont il était adapté. On retrouve un héros virevoltant, incarné par Stewart Granger, évoluant dans une France post-révolutionnaire de pacotille, opposé a ce qui reste pour moi l'un des meilleurs méchants de l'histoire du cinéma, un Mel Ferrer trés inspiré. Il s'agit sans aucun doute du film le plus dynamique de George Sidney. Ca bataille et ça virevolte sans cesse, mais on ne s'en lasse pas, la scéne la plus fameuse étant sans doute ce si beau duel final, le plus long de l'histoire du cinéma: plus de sept minutes!

 

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Aprés ce nouveau succés, Sidney explore le film historique, avec un autre film resté célébre: La reine vierge, ou l'histoire d'Elizabeth Iére d'Angleterre. Le budget est colossal, le casting impérial (Jean Simmons, Stewart Granger, Deborah Kerr et Charles Laughton), et le succés a nouveau au rendez-vous. La méme année sort Embrasse-moi, chérie, ou il s'essaye a la projection en trois dimensions, avec un procédé tombé aujourd'hui en disgrâce, et finalement peu efficace, mais surtout précurseur. Puis vient La chérie de Jupiter, déception publique et échec commercial qui signent la fin de la collaboration entre Sidney et la MGM.

 

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De gauche a droite: Kim Novak, Franck Sinatra et Rita Hayworth

 

George Sidney rejoint donc Columbia Pictures, pour lesquels il signe un nouveau film musical, Tu seras un homme, mon fils, ou il fait a nouveau montre d'un exceptionnel talent de réalisateur, et relance la carriére de l'ex-Zorro Tyrone Power, et de Kim Novak, qu'il retrouve en 1957 dans Un seul amour, drame sentimental nettement inférieur en qualité... Tout comme La blonde ou la rousse, ou l'on retrouve un casting pourtant alléchant, Rita Hayworth, Franck Sinatra et toujours Kim Novak.

 

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Voyant la popularité de ses films diminuer, George Sidney se fait moins présent sur la scéne hollywoodienne, son prochain film, Qui était donc cette dame? ne sortant qu'en 1960. On y retrouve un Tony Curtis trés en forme, tout droit sorti de l'exceptionnel Certains l'aiment chaud. La méme année, il dirige le célèbre comique mexicain Cantinflas dans Pepe. Trois ans plus tard, le réalisateur signe son dernier film pour la Columbia, avec Bye bye Birdie, avec entre autres Dick van Dyke et Janet Leigh, dans une mise en scène rock n'roll.

 

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Retrouvant la MGM de ses débuts, le réalisateur désormais vétéran persévére sur la voie du rock, en dirigeant le grand Elvis Presley dans L'amour en quatrième vitesse. Il s'agit cependant la de son dernier film important, car Sidney abandonne la réalisation pour se consacrer a d'autres activités, dont la présidence de la DGA. Il abandonne ce poste en 1967 et réalise son dernier film, The swinger, film moderne et déroutant, avant de prendre définitivement sa retraite. Il meurt a Las Vegas en 2002.

Publié dans Les réalisateurs

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