La légende de Zorro

Publié le par cape et épée

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Pour être franc, je n'avais jamais vu La légende de Zorro jusqu'à présent. Les mauvaises critiques m'avaient convaincu de rester sur la bonne impression du premier film, sans toucher a cette suite, visiblement de mauvaise qualité. Ce premier visionnage a cependant éclairci les choses, et si ce second opus est loin d'être un chef d'oeuvre, il reste un bon divertissement, commercial et sans aucune légitimité, mais globalement correct.

La scène d'intro, semblable a celle du premier film, place d'entrée le film dans la catégorie foisonnante des suites sans originalité de films a succès. On retrouve donc le palais du gouverneur, le peuple rassemblé, cette fois-ci pour voter l'entrée de la Californie parmi les Etats-Unis d'Amérique. La première intervention du méchant est bien sur suivie par la première apparition de Zorro, toujours spectaculaire, histoire d'impressionner dès le début. On ne change pas une recette qui marche.

La première scène du Masque était vraiment impressionnante et spectaculaire, dès le début. Ici, il s'agit d'un copier-coller, sans originalité donc. On reconnaît quand même le talent de Martin Campbell pour les scènes d'action, ainsi que la qualité des chorégraphies.

 

On voit vraiment que le budget est plus important pour ce second opus, qui sacrifie totalement l'identité de son héros, au profit de scènes d'action spectaculaires.

Et comme dans le premier épisode, Zorro pense a la retraire! Mais comme le film dure 2h 10 environ, le héros ne va surement pas partir dès le début, on s'attend donc a ce que les choses se compliquent...

Et c'est là qu'on touche a ce qui, a mon avis, est le gros défaut de cette Légende de Zorro: sa famille! Papa, Maman et Fiston Zorro m'ont assez énervé pendant tout le film. Alors que le premier film insistait sur la raison d'être des héros, ce film en fait des humains avant tout, faisant perdre à Zorro son statut d'icône. Un beau gâchis; Johnston McCulley, créateur du justicier masqué, doit se retourner dans sa tombe!

Car il faut bien l'avouer, voir Zorro courir après sa femme et tenter d'éduquer son mioche délinquant, ce n'est pas franchement réjouissant, c'est même assez gênant, et pour le spectateur qui s'ennuie, et pour le mythe de Zorro, qui en prend un sacré coup!

 

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Evidemment, le fils de Zorro est lui-même une graine de héros, n'hésitant pas a corriger son maitre d'école trop sévère, et se battant tout seul contre les méchants. Un sale gosse a la limite de la comédie...

Enfin bref, l'intrigue sentimentale prend bien trop de place. Si les relations de Zorro avec ses proches avaient été plus crédibles. Mais là, c'est surtout bien lourd.

Ces scènes a moitié comique et, du coup, a moitié drôles, ont-elles été rajoutées pour meubler une intrigue un peu trop simple, pour rendre Zorro plus « humain », pour plaire aux midinettes? Je ne sais pas, mais dans tout les cas, ça ne marche pas (enfin, sauf peut être avec les midinettes).

Mais il ne faut pas être trop méchant avec ce film qui fonctionne malgré ses gros défauts. La disparition d'Anthony Hopkins a la fin du premier volet est regrettable, car le reste du casting est vraiment un ton en dessous. Rufus Sewell incarne cependant un méchant gentiment sadique plutôt pas mal: Armand, gentilhomme français, et qui a donc un vignoble, comme tout les français...

Le point fort de la Légende de Zorro reste ses scènes d'action, toujours bien faites et bien filmées. Encore plus que dans le premier épisode, Martin Campbell apporte au film de cape et d'épée un style très western assez bienvenu, preuve que le mariage des genres est possible...

Le combat contre MacGivens est a ce titre assez cocasse, Zorro représentant le héros type du film de cape et d'épée; tandisque MacGivens, édenté, suant et fanatisé, est un personnage tout droit sorti d'un western spaghetti.

Le scénario passe évidemment par tous les tourments déjà vus des héros de cinéma... Ma famille ou le méchant qui veut détruire le monde/ la ville/ les Etats-Unis d'Amérique? Un choix difficile... et déjà vu tellement de fois!

 

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Enfin, a cause de tout cela, l'intrigue semble ne pas progresser d'un poil, et au bout de 50 minutes, mis a par quelques beaux duels, on est comme au début du film... De plus, a part se faire larguer par sa femme, Zorro ne fait pas grand chose. Il a bien corrigé le méchanr MacGivens, mais on attend toujours qu'il se frotte au vil Armand. En fin de compte, c'est Elena qui agit le plus durant toute la première moitié du film.

Et quand c'est le fils De La Vega, un gamin d'une dizaine d'années jamais sorti de chez lui, qui se bat contre toute une bande de coyotes armés jusqu'aux dents, on sombre vraiment dans le ridicule... Et, comme le peuple de Californie, on attend que Zorro vienne nous délivrer!

En fin de compte, l'intrigue, pleine de digressions et de péripéties peu utiles, est finalement assez mince, et très classique. Armand, sous couvert d'un vignoble, prépare en secret un complot avec un groupuscule, les Chevaliers d'Aragon, afin d'empêcher l'entrée de la Californie dans les États-Unis d'Amérique. La classique version du complot...

Enfin, techniquement le film reste très bien fait, et a ce titre le budget important se voit a l'écran. Cascades, décors grandioses, figurants a la pelle, sur ce point le film est inattaquable...

Mais bon, les aventures de la famille Zorro font parfois oublier les bons côtés de ce qui aurait pu être une bonne suite vraiment convaincante!

Rufus Sewell cabotine comme un vrai méchant de cinéma, et ça c'est franchement bien! Mais j'ai une petite préférence pour MacGivens, surement pour son côté sadique fanatique et parce que son look très western tranche avec la cape noire et la rapière du justicier masqué. Quant à Elena agent double... On n'y croit pas vraiment!

 

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J'ai même eu le plaisir de revoir une scène que je croyais depuis longtemps disparue, mais que les scénaristes n'ont pas hésité a rebalancer... Comment faire ressusciter facilement un personnage secondaire mort en cours de film? Rien de plus simple! Il suffit de dire que la balle qui l'a tué a en fait rebondi sur la croix qu'il portait autour du cou! Du coup, Dieu l'a sauvé, c'est miraculeux, etc...

Mais après ce moment de nostalgie mêlée de consternation, on nous balance enfin la scène du film, le duel final entre Zorrro et Armand, dans un train en marche... De quoi nous offrir un duel absolument magnifique, vraiment bien filmé par Martin Campbell, qui est décidément un artisan extrêmement efficace. Si le film a des ratés nombreux, la scène la plus important est, elle, vraiment réussie, ce qui est un bon point!

 

Ce second opus reprend la même recette que Le masque, avec moins d'efficacité cependant. Les scénaristes n'avaient pas beaucoup d'imagination, et le scénario est rempli de concepts éculés qui ne fonctionnent vraiment plus, ainsi que de sous-intrigues avec la famille Zorro, assez inutiles. Cependant, la réalisation de Martin Campbell et l'aspect technique très soigné rattrapent le tout et font de La légende de Zorro un film divertissant. Les fans du premier film seront sans doute frustrés, mais pour passer un bon moment, c'est suffisant.

 

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