Le duel

Publié le par cape et épée

Voici un petit texte que j'ai écrit moi-méme il y a quelques mois, et que j'ai récemment retrouvé. Avec du recul, je l'ai trouvé beaucoup trop pompeux, et plein d'effet de style le rendant trés lourd. j'ai donc tenté de le l'améliorer un peu. Voici le résultat final, pas encore a la heuteur, mais tout de méme meilleur qu'a l'origine. J'espére, malgré cela, qu'il vous plaira. J'envisage de créer une histoire plus longue avec le personnage de Gauthier Brissac.

 

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Les gouttes de pluie coulent le long des chapeaux de feutre noir. Les bottes sont salies par la boue et les flaques. Deux deux silhouettent, de loin, s'observent, se défient du regard, pendant un instant qui pourrait paraitre une éternité. A ce moment, le duel a déjà commencé.
Puis les deux spadassins, a pas lents, se rapprochent. On n'entend que l'averse, troublée par le bruit des bottes s'enfonçant dans la boue et le bruit du métal tintant de leurs épées accrochées a la ceinture. Une fois leur visage sorti de l'ombre, tous les cessent aussitot. La méfiance s'installe. La main sur la garde, préts a dégainer au moindre mouvement suspect, les deux adversaires sont prêts.

L'homme a la cape rouge attaque le premier. Comme le torero maniant sa muleta, en un élégant mouvement, le combattant dégaine l'épée de mise a mort. Les plumets des chapeaux s'agitent, envoyant des gouttelettes en tous sens. En un instant, le bretteur agressé a déja répliqué.
Puis c'est un défilé de coups, de mouvements, de couleurs. Cape rouge contre cape noire. Les épées tintent, les coups pleuvent. Chacun cherche a surpasser l'autre, ne serait-ce qu'un instant, afin de délivrer l'estocade finale. Chacun, les nerfs a vif, cherche la faille de l'autre. Chacun joue avec la mort.
Attaques et contre-attaques se succèdent a un

rythme effréné, et forment une danse rituelle et fatale. Les capes volent et virevoltent, trompant l'oeil adverse.

Une botte secréte a raison de la cape noire. Touché, il laisse s'échapper un cri de douleur avant de s'agenouiller lentement, lais

sant tomber au sol son épée. Désarmé, genou a terre, le grand corps silencieux est a présent a la merci du mousquetaire rouge. Mais la défaite est parfois difficile a assuer, surtout pour les gens sans honneur; ceux dont l'âme est aussi noire quevleur cape. Un pistolet habilement dissimulé sous le sombre manteau, un coup qui part, de la fumée. Puis on ne peut plus rien voir.

La fumée se dissipe. Le duelliste rouge, l'épée tendue vers la gorge de son traitre adversaire, est a présent décidé a en finir avec ce rival déloyal.
"-Une dernière volonté, Monseigneur?"
Et celui-ci, d'une voix rauque encore pleine de défiance:
"-Droit au cœur, et vite, misérable!"
Le bruit de la lame s'enfonçant dans la chair; le sang coulant a flots de la plaie béante, le corps s'effondrant sur le sol, meurtri mais encore plein de cette noblesse qui sied aux grands hommes. Tout cela est beau et terrible, si écoeurant, si fascinant.

Le vainqueur, éreinté, nettoie sa rapiére, abaisse son chapeau et, dans un mouvement digne d'un acteur de tragédie, s'en repart dans la brume.
Seul reste un corps sans vie et, a quelques pas, un chapeau de feutre détrempé par la pluie et sali par la boue.

Une fois encore, Gauthier Brissac a vaincu son ennemi.
En cette nuit du régne de notre bon roi Louis, justice a été faite.

 

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