Martin Campbell

Publié le par cape et épée

Réalisateur pas vraiment connu du grand public, Martin Campbell est pourtant l'un des plus habiles réalisateurs d'Hollywood. Loin des yes-man habituels, le bonhomme a en effet une longue et atypique derrière lui, preuve, sinon de son talent, du moins de sa capacité à transcender de simples films d'aventures. Accumulant les bons comme les mauvais films, Martin Campbell reste un maitre du film d'action-aventure à l'ancienne. L'homme à qui l'on doit le retour de Zorro et de James Bond au cinéma méritait bien une petite bio sur ce blog!

 

 

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Né le 24 Octobre 1944 à Hastings, en Nouvelle-Zélande, Martin Campbell, loin de suivre l'habituel chemin des réalisateurs de blockbusters, se distingue d'abord dans... le cinéma érotique. Son premier film, The sex thief, connait même un succès international. Nous sommes en 1973, et la mode des films érotiques bat son plein. Parti pour l'Angleterre, il poursuit dans le genre avec Eskimo Nell, ou il même l'humour anglais au film érotique. Comme beaucoup de films un peu olé-olé de l'époque, les premières réalisations de Martin Campbell ont très mal vieilli, et sont aujourd'hui totalement kitsch...

 

Le succès de ses films est cependant réel, et le bougre change de registre, travaillant pour la télévision dès la fin des années 70. Les professionnels, Minder, Edge of darkness... des séries oubliées aujourd'hui, mais qui font cependant que le bonhomme est remarqué pour son réel talent de mise en scène, au point de pouvoir réaliser son premier film, une chance inespérée pour un réalisateur de série télé.

 

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C'est ainsi qu'en 1989 sort son premier film « grand public », La loi criminelle, polar réunissant Gary Oldman et Kevin Bacon, pas vraiment transcendent mais pas si mal pour un début. Après un dernier téléfilm, Détective Philippe Lovecraft, en 1991, Campbell quitte définitivement le monde de la télé, pour se lancer de plein pied dans la jungle hollywoodienne.

 

Ce n'est qu'en 1994, a l'âge de 50 ans, qu'il devient véritablement une tête connue, avec la sortie d'Absolom 2022, un film de science-fiction qui remporte un succès international. Cependant, le film comporte pas mal de défauts, notamment une direction d'acteurs inexistante. Cependant, l'année suivante, il montre toute l'étendue de son talent avec GoldenEye, nouveau film de la saga James Bond, après six longues années d'absence au cinéma. Un nouveau James Bond (Pierce Brosnan), un nouveau style, et un réalisateur sur la voie du succès... Il n'en suffisait pas plus pour que GoldenEyecartonne au box-office, et soit vite considéré comme l'un des meilleurs James Bond jamais réalisés.

 

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En 1998, Martin Campbell fait à nouveau preuve de son savoir-faire, avec Le masque de Zorro, splendide film de cape et d'épée qui donne un coup de jeune bienvenue au cavalier masqué. Zorro, toujours rattaché à la fameuse série télé des années 50, passait pour un héros tombé en désuétude. Campbell modernise considérablement le personnage, lui redonnant toute sa vigeur en empruntant au western spaghetti comme au film d'aventures à la Indiana Jones. Le résultat final est à la hauteur des attentes, Le masqueétant peut-être (à mes yeux en tout cas), le meilleurs des films Zorro au cinéma.

 

Après ces deux gros succès consécutifs, Martin Campbell, devenu un réalisateur bankable, se lance dans un projet plus personnel: un survival en haute montagne au style assez original. Profitant d'un budget conséquent et d'une belle brochette d'acteur, Vertical limitest pourtant une déception à sa sortie. Impressionnant et jouissif, le film est cependant très bourrin, trop aux yeux du public. Il reste cependant à mes yeux comme une géniale pantalonnade, qui ne se prend pas au sérieux, suffisamment jouissive et second degré pour que me faire rire à chaque visionnage.

 

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Abandonnant donc les films à gros budget, Martin Campbell, qui débute mal ces années 2000, change de registre, et réussit dans un genre ou on ne l'attendait pas vraiment: la romance, en l'occurrence celle d'Angelina Jolie et Clive Owen. Sans frontière, film sur le thème de l'engagement humanitaire, est une belle réussite, prouvant que le spécialiste du film d'aventure et d'espionnage est capable de créer une œuvre plus intimiste et sentimentale. Malheureusement, la réussite ne dure pas toujours, et Martin Campbell, qui a retrouvé la voie du succès, se lance dans un deuxième Zorro, intitulé cette fois La légende de Zorro, et reprenant une bonne partie du casting original. Sorti en 2005, La légende est un échec commercial, et une déception pour les fans du premier film. Lent et manquant cruellement de rythme, cette suite s'avère juste potable, sans jamais retrouver la vitalité du premier film.

 

Revenant au film d'espionnage en 2006, Martin Campbell reprend les commandes de la saga James Bond, qu'il a si bien conduite onze ans plus tôt avec GoldenEye. A nouveau, la saga culte subit de nombreux changements. Une intrigue plus complexe et plus importante, moins de gadgets, un nouveau James Bond... blond aux yeux bleus! Certains fans sont déconcertés, le plus grand nombre applaudit Casino Royale, qui devient le plus gros succès de la saga; un comble! Réussite indéniable, Casino Royaleest très vite considéré comme l'un des meilleurs, sinon le meilleur James Bond.

 

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Mais le succès ne dure qu'un temps... Persistant dans le film d'action, Martin Campbell réalise Hors de contrôle, film qui devait signer le grand retour de Mel Gibson en tant qu'acteur. Malheureusement, le film est mou du genou, l'intrigue est sans queue ni tête, et Mel Gibson semble définitivement au bout du rouleau... Il se rattrapera, et de bien belle manière, avec Le complexe du castor. Mais ça, c'est une autre histoire.

 

Après ce nouvel échec, le néo-zélandais ne se laisse pas abattre, et dirige ce qui a tout l'air d'un pur produit de commande: Green Lantern. Le comics de base était réputé difficile à adapter. Sorti récemment, le film est un nouvel échec pour Martin Campbell, pas tant au niveau de la réalisation, correcte, qu'au niveau de l'esthétique. Costumes dégueulassasses, effets spéciaux ratés, décors fluos qui font mal aux yeux, rarement un blockbuster aura été aussi vilain. Sans parler de Ryan Reynolds, qui n'a décidément aucun talent...

 

Martin Campbell est un réalisateur atypique, qui a mis vingt ans avant de sortir de l'anonymat, puis a connu un succès presque immédiat avec des blockbusters à l'ancienne. Emplis de l'espèce de naïveté des productions des années 80-90, ses films sortent du lot. C'est ce qui rend GoldenEye et Le masque de Zorro aussi inoubliables. Certes, le bonhomme a fait des navets, mais quand il réussit, il a vraiment du style. Et en grand fan des films de cape et d'épée, j'adhère totalement!

 

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Publié dans Les réalisateurs

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Thomas 16/05/2014 14:26

Bonjour. je suis vendeur d'environ 80 affiches de cape et d'épée que l'on peut voir au chapitre "fils de cape et d'épée" sur le site www.cyranodebergerac.fr